Hommage à Renée Vivien
Pourquoi, fille de Pandion, aimable
hirondelle, me...?
Lasse du jardin où je me souviens d'Elle,
J'écoute mon coeur oppressé de parfum.
Pourquoi m'obséder de ton vol importun,
Divine hirondelle?
Tu rôdes, ainsi qu'un désir obstiné,
Réveillant en moi l'éternelle amoureuse,
Douloureuse amante, épouse douloureuse,
O pâle Procné!
Tu fuis sans espoir vers la rive qui t'aime,
Vers la mer aux pieds d'argent, vers le soleil.
Je hais le Printemps qui vient, toujours pareil
Et jamais le même!
Ah! me rendra-t-il les langueurs de jadis,
L'ardente douleur des trahisons apprises,
L'attente et l'espoir des caresses promises,
Les lèvres d'Atthis?
J'évoque le pli de ses paupières closes,
La fleur de ses yeux, le sanglot de sa voix,
Et je pleure Atthis que j'aimais autrefois,
Sous l'ombre des roses.
Renée Vivien