Hommage à Renée Vivien
J'étais hier la voyageuse solitaire. J'allais, portant au coeur une âpre anxiété... J'avais besoin de toi comme d'un flot d'été, D'un flot purifiant où l'on se désaltère. Aujourd'hui, mon silence a des bonheurs pensifs. O très chère! et mon âme est une...
Lire la suiteLasse comme les flots, lasse comme les voiles, J'entre dans le doux port plein d'embruns et d'étoiles. Depuis des temps j'ai vu les plus divins climats Et je dors en ce havre où sommeillent des mâts. Mon esprit s'est tourné vers des rêves plus sages,...
Lire la suiteLe repentir songeur n'use plus leurs genoux. Parmi les champs malsains et les villes malades Elles dansent, ainsi que de noires Ménades. Parfois le vent du soir éteint leurs cierges roux. Elles ont coupé leurs chevelures altières; Le cilice a mordu leurs...
Lire la suiteTes sombres anneaux d'améthyste S'animent et tremblent un peu Sous la jaune lueur du feu... Au dehors la clarté persiste. Accueillons le songe, donneur D'enchantements et de féeries... Mêlons nos âmes attendries Et parlons de notre bonheur. Parlons du...
Lire la suiteLe ciel l'encadre ainsi que ferait une châsse, Et je vivrais cent ans sans jamais la revoir. Elle est soudaine: elle est le miracle du soir. L'instant religieux brille et tinte. Elle passe... Je suis venue avec la foule des lépreux Dès l'aurore, ayant...
Lire la suiteUne odeur fraîche, un bruit de musique étouffée Sous les feuilles, et c'est Viviane la fée. Elle imite, cachée en un fouillis de fleurs, Le rire suraigu des oiseaux persifleurs. Souveraine fantasque, elle s'attarde et rôde Dans la forêt, comme en un palais...
Lire la suiteLe jardin et le calme et la lumière basse, Et tous mes souvenirs qui pleurent vers le soir... La douceur d'être seule et triste et de m'asseoir Dans l'ombre, de ne plus sourire et d'être lasse... Parmi les frondaisons rôdent d'anciens soupirs, Et le bonheur...
Lire la suiteJe t'aime de mon oeil unique, je te lorgne Ainsi qu'un chinois l'opium: Je t'aime de mon amour borgne, Fille aussi blanche qu'un arum. Je veux tes paupières de bistre, Et ta voix plus lente qu'un sistre; Je t'aime de mon oeil sinistre Où luit la colère...
Lire la suiteLe couchant répandra la neige des opales, Et l'air sera chargé d'odeurs orientales. Les caïques furtifs jetteront leur éclair De poissons argentins qui traversent la mer. Ce sera le hasard qu'on aime et qu'on redoute... A pas lents, mon destin marchera...
Lire la suiteJe t'adore, Dieu pauvre entre les Immortels, Et j'ai tressé pour toi ces roses purpurines, Parce que tu n'as point de temples ni d'autels, Et que nul tiède encens ne flatte tes narines. Nul ne te craint et nul n'implore ta bonté... Ceux qui t'honorent...
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