Hommage à Renée Vivien
C'est ici la poussière de Timas que l'azur
sombre du lit nuptial de Perséphona reçut,
morte avant l'hymen. Lorsqu'elle périt,
toutes ses compagnes, d'un fer fraîchement
aiguisé, coupèrent la force de leurs
désirables chevelures.
La vierge Timas au printemps sans été
Mourut dans l'orgueil de sa blancheur première.
Parfumons de fleurs, de chants, de piété,
Sa douce poussière.
Oh! le souvenir de ce corps lilial
Que Perséphona, voluptueuse et sombre,
Reçut dans l'azur de son lit nuptial
Paré de fleurs d'ombre!
Lorsqu'elle périt, ses compagnes d'hier
Coupèrent là-bas leurs cheveux désirables,
Bleus comme la nuit et blonds comme l'hiver,
Roux comme les sables.
Renée Vivien