Hommage à Renée Vivien
Le soir nuançait l'or d'Hellas
De pourpre égyptienne:
J'offris la coupe d'hypocras
A la Musicienne...
Elle errait en riant, auprès
Des aloès et des cyprès
Et des roches aux bleus de grès
Myrtis l'Ionienne.
Elle évoquait les bords du Styx,
Les asphodèles jaunes,
Où les sphinx aux ongles d'onyx
S'étirent près des Faunes,
Et dans la strophe, comme un choc
De boucliers d'or contre un roc
Où le marbre sommeille en bloc,
Luttaient les Amazones.
La mélodieuse Myrtis
Aux paupières divines,
Livre ses cheveux de maïs
Aux brises des collines.
Elle ressuscite, à travers
La blancheur de ses nobles vers,
Vigoureux comme les hivers,
L'âme des héroïnes.
J'offris la coupe d'hypocras
A la Musicienne,
Dont le vers mêle aux ors d'Hellas
La pourpre égyptienne,
A la vierge qui passe auprès
Des aloès et des cyprès
Et des roches aux bleus de grès,
Myrtis l'Ionienne.
Renée Vivien