Hommage à Renée Vivien
C'est le soir. On entend passer les caravanes. Rythmiques, les chameaux allongent leurs pas lourds. La clochette à leur cou jette des refrains sourds. Smyrne dort, du sommeil repu des courtisanes. Dans un jardin créé par les mains de la nuit De fabuleux...
Lire la suiteJe m'écoute, avec des frissons ardents, Moi, le petit faune au regard farouche. L'âme des forêts vit entre mes dents Et le dieu du rythme habite ma bouche. Dans ce bois, loin des aegipans rôdeurs, Mon coeur est plus doux qu'une rose ouverte; Les rayons,...
Lire la suiteElle demeure en son palais, près du Bosphore, Où la lune s'étend comme en un lit nacré... Sa bouche est interdite et son corps est sacré, Et nul être, sauf moi, n'osa l'étreindre encore. Des nègres cauteleux la servent à genoux... Humbles, ils ont pourtant...
Lire la suiteSeule, je sais la mort de Madonna la Lune, De la Lune aux cheveux si blonds et si légers, Aux yeux furtifs et dont les voiles ouvragés Glissaient avec un si doux frisson dans la brune. Hier soir, quand j'errais au loin, je l'aperçus. Je l'aperçus penchée...
Lire la suiteTrès chère, sois plus femme encore, si tu veux Me plaire davantage et sois faible et sois tendre. Mêle avec art les fleurs qui parent tes cheveux, Et sache t'incliner au balcon pour attendre. Ce qu'il est de plus grave en un monde futile, C'est d'être...
Lire la suiteQuelle tristesse après le plaisir, mon amie, Quand le dernier baiser, plus triste qu'un sanglot, S'échappe en frémissant de ta bouche blêmie Et que, mélancolique et lente, sans un mot, Tu t'éloignes à pas songeurs, ô mon amie! Pareille à la douleur des...
Lire la suiteMa brune aux yeux dorés, ton corps d'ivoire et d'ambre A laissé des reflets lumineux dans la chambre Au-dessus du jardin. Le ciel clair de minuit, sous mes paupières closes, Rayonne encor... Je suis ivre de tant de roses Plus rouges que le vin. Délaissant...
Lire la suiteL'adorable repos, les brèves accalmies, Vous seules me les donnâtes, ô mes amies! Voyant paraître enfin la lune à l'arc d'argent, Je me repose et me désennuie, en songeant... Vous fûtes la douceur de mes heures mauvaises, Le baume oriental qui trompe...
Lire la suiteL'aurore a traversé la salle du festin Traînant ses voiles gris parmi les roses mortes. Elle s'avance, elle entre, elle franchit les portes A pas lourds, à pas lents, tel un spectre hautain. Un rayon est tombé sur les torches éteintes. On voit enfin ces...
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