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Hommage à Renée Vivien

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Hiver

 

 

Les pampres du printemps et le vin de l'automne

Ont perdu le parfum qui jadis me fut cher:

Je veux l'haleine chaste et le silence amer,

Les brumes et la glace et l'ombre de l'hiver.

 

Je ne tresserai plus l'irréelle anémone,

Je n'écouterai plus le rythme monotone

Des oiseaux dans les bois que l'octobre couronne

D'opales, de rubis et de l'or souverain.

 

Mais je m'inspirerai du tragique refrain

Du vent qui jette au ciel ses révoltes d'airain,

Qui rôde en sanglotant près de l'âtre serein,

Comme Dante implorant la paix du monastère.

 

O neiges où la soif du blanc se désaltère!

Toute virginité recèle le mystère,

La crainte, et l'infini du rêve solitaire.

 

J'écarterai les fruits des jardins de l'été,

Car l'incomplète ivresse au regard hébété

Ne verse point l'oubli comme le pur Léthé,

 

Car la neige où la soif du blanc se désaltère

Seule éteindra l'ardeur de mon anxiété...

Dans le noble infini du rêve solitaire,

J'oublierai la ferveur des amours de l'été...

 

Renée Vivien

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