Hommage à Renée Vivien
Dans nos jardins d'automne aux feuilles bigarrées,
Alors que tu venais t'asseoir à mes genoux,
Sous les divins plis de nos robes, entre nous,
Je crains bien que nos mains ne se soient égarées.
La douceur de ta peau m'a fait perdre la tête...
Eprises d'un parfum et d'autres sensations,
Nos mains ont continué leur distraite ascension
En élevant aux nues nos âmes de poètes.
Dès lors que tes lèvres ont effleuré les miennes
Dans l'aveu murmuré d'un timide "je t'aime",
Mes yeux se sont fermés sur ta beauté suprême.
Et nos deux âmes se sont envolées sereines
Tandis que nos corps, qui n'étaient plus que caresses,
S'épousaient, une nouvelle fois, si je l'ose,
Intensément et dans la plus parfaite osmose,
Tous enivrés d'amour, éperdus de tendresse.
Si loin de nos jardins aux couleurs automnales
Devant toi, comment ne puis-je être consumée
Par ce désir de toi, ma Douceur Parfumée?
M'accusera-t-on d'être trop sentimentale?
L.