Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Hommage à Renée Vivien

Publicité

Sonnet

 

 

J'aime la boue humide et triste où se reflète

Le merveilleux frisson des astres, où le soir

Revient se contempler ainsi qu'en un miroir

Qui découvre à demi son image incomplète.

 

J'aime la boue humide où la Ville inquiète

Détache ses lueurs, blondes sur un fond noir,

La Ville qui gémit sous un masque d'espoir

Parmi le vin, les chants et les cris de la fête.

 

Elle endure la foule aux pieds traînant et las.

Elle subit l'empreinte anonyme des pas:

Saignante, elle croupit sur la route inféconde.

 

Mais elle est l'Avenir des moissons, et les pleurs

Du printemps en feraient une terre profonde,

D'où jaillirait la grâce irréelle des fleurs.

 

Renée Vivien

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article