Hommage à Renée Vivien
Qui peut cerner, mieux que nous-mêmes,
La magie qui règne en ces lieux,
O douce Pauline que j'aime...
Nous sommes là si près des cieux.
Descendant pour nous deux des nues,
Là-même dans notre jardin,
Toutes nos amies sont venues
Se tenant toutes par la main,
Dans leurs robes de voiles blanches,
D'autres vêtues de leur péplos,
Que l'on se croirait un dimanche
Ou bien encore un jour de noces,
Etendant leur toile sur l'herbe
Pour un dîner improvisé,
D'autres les bras chargés de gerbes
De fleurs joliment irisées.
J'ai vu deux de ces demoiselles
Qui se nourrissaient de raisin,
Combien d'autres penchées sur celles
Dont elles offraient un festin.
Certaines flirtent sur les bancs,
Tandis que d'autres batifolent
Comme si c'était le printemps
A l'ombre, au loin, dans l'herbe folle.
Un peu plus tard, lorsque le soir
Aura ramené la fraîcheur,
Nous jouerons à colin-maillard
Dans la joie et la bonne humeur.
Avec un bandeau sur les yeux,
Je te retrouverais toujours,
Car il est prouvé dans les cieux
Que l'amour attire l'amour.
Et si j'arrive à te saisir,
Que je t'ai déjà reconnue,
Pour que dure notre plaisir,
Mes mains ne te lâcherons plus.
Faisant fi d'anciennes palabres:
Si nous avions jouer à chat,
Je t'aurais coincée contre un arbre
Pour te reprendre dans mes bras,
Afin que nos deux corps s'épousent,
Je t'aurais volé un baiser
Ou plaquée contre la pelouse...
C'est vrai que j'en ai tant rêvé!
Merci à vous toutes, les filles,
Pour cette joie complémentaire
Me rendant vraiment plus facile
Mon séjour forcé sur la terre.
L.