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Hommage à Renée Vivien

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                             Morte, un jour tu demeureras couchée

                             (dans la tombe), et nul souvenir de toi

                             ne persistera ni alors ni plus tard: car tu

                             ne cueilles point les roses de Piéria, mais,

                             obscure, tu erreras dans la maison de

                             l'Hadès, inconnue parmi les Morts aveugles.

 

Demain tu mourras d'une mort sans étoiles.

La nuit cachera ton rire d'autrefois

Sous l'azur et sous la pourpre de ses voiles,

                Sous les linceuls froids.

 

Tu n'as point cueilli les roses immortelles

De Piéria, Gorgô, charme d'un jour!

Jamais ne brûla dans tes pâles prunelles

                L'éclair de l'amour.

 

L'Hadès te prendra dans sa vague demeure,

Le chant de ta voix ne persistera pas,

Ni le souvenir de ton parfum d'une heure.

                - Demain tu mourras.

 

Et tu passeras, ombre parmi les ombres,

- Tu ne sauras point l'orgueil des lendemains, -

Sans rayons de gloire à tes paupières sombres,

                Sans fleurs dans tes mains.

 

Tes pas erreront faiblement sur la rive

Des femmes sans fards et des passants obscurs,

La Maison des Morts sur ta forme plaintive

                Fermera ses murs.

 

Sous l'azur et sous la pourpre de ses voiles,

La Nuit cachera ton rire d'autrefois...

Demain tu mourras d'une mort sans étoiles

                Sous les linceuls froids.

 

Renée Vivien

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