Hommage à Renée Vivien
Mnasidika est plus belle que la
tendre Gurinnô.
Gurinnô qui pleure à l'ombre de mon seuil
N'a point tes accents où l'Erôs passe et chante,
O Mnasidika! ni le splendide orgueil
De tes seins d'amante.
Elle n'a point l'or fondu de ton regard,
Ni la pourpre fleur de tes paupières closes,
Ni ta chair où l'ambre et la myrrhe et le nard
Parfument les roses.
Mais elle a connu la grave volupté,
L'effroi de l'amour et l'effort des chimères...
Une nuit, j'ai bu, d'un baiser irrité,
Ses lèvres amères.
Renée Vivien