Hommage à Renée Vivien
Je me suis éveillée; tu étais dans mes bras,
Blottie contre mon corps amoureusement nu.
Dans la pénombre illuminée de ton aura,
Nous n'avons pas souhaité redescendre des nues.
Je t'ai serrée plus fort, et, gardant les yeux clos,
Tout en m'enivrant du parfum de tes cheveux,
Les couvrant de baisers, mes deux mains dans ton dos
Caressaient doucement ta peau de couleur bleu.
Tes lèvres sont venues se poser sur mes lèvres
Dans leur délicatesse tendrement vorace,
J'ai senti aussitôt en nous monter la fièvre
Et perdu la notion du temps et de l'espace.
Lorsque, dans ta lenteur divine, tu me touches
Et rends chaque instant d'une telle intensité!...
Que dire, Pauline, quand tes mains ou ta bouche
Reprendront possession de ma féminité...!
Toujours sans nous hâter, jusqu'à l'apaisement,
Et jusqu'à ce que ton propre corps disparaisse,
Nous redescendrons de notre ciel, lentement,
Echangeant de bien d'autres infinies tendresses.
L.