Hommage à Renée Vivien
Quand l'aube est à peine levée,
A l'heure où rien ne bouge encore,
Tu te glisses contre mon corps
Dans la demi-obscurité.
En état de demi-sommeil,
Je sens déjà tes vibrations,
Puis, dans ta grande précaution,
D'un doux baiser tu me réveilles.
Alors, avec beaucoup de tact
Et d'une tendresse infinie,
Tu viens sur moi, tu t'y blottis
Afin d'accentuer le contact.
Sous la caresse de tes mains,
Ainsi collées, joue contre joue,
Je respirerai dans ton cou
Très longuement ton doux parfum.
Sans bouger, gardant les yeux clos,
Et mes bras refermés sur toi,
J'effleure du bout de mes doigts
Tes cheveux gris-souris, ta peau.
Allongées l'une contre l'autre,
Touchant déjà le firmament,
Nous goûtons ainsi pleinement
Un bonheur qui n'est rien que nôtre.
Nous pourrions, dans la déraison,
Rester ainsi pendant des heures,
Tout en laissant s'ouvrir nos cœurs.
Puis nos lèvres se chercheront,
Amoureusement affamées,
Tendres, assoiffées de désirs.
Dans un tourbillon de plaisirs,
Je te donnerai mon âme, et,
Si tu le veux, mon corps aussi,
Car ils sont tiens depuis toujours.
Alors, nous referons l'amour
Jusqu'à ce que vienne la nuit...!
L.