Hommage à Renée Vivien
A
Tu le sais, te revoir est mon plus grand souhait,
Et malgré mon envie, et malgré mes prières,
Je n'arrive parfois qu'à capter un reflet,
Dans l'obscurité où je cherche ta lumière,
De ton visage, qui aussitôt disparaît.
Ai-je autrefois jouer ainsi les courants d'air?
B
M'apparaître jadis t'était bien plus aisé
Que cela ne l'est, ma Douce, aujourd'hui pour moi.
Crois-moi, je voudrais tant te donner ce baiser
Que tu attends de moi dans un si grand émoi.
La raison n'en est pas que je n'ai pas osé,
J'essaye et te supplie de me garder ta foi.
A
Pardonne-moi. Je sens bien, dans ma maladresse,
Dans cette envie folle que j'ai de te revoir,
Que dans mon impatience souvent je te blesse.
Pour effacer mes doutes et garder l'espoir,
Ce serait vraiment bien qu'enfin tu m'apparaisses.
Tu n'es pas obligée d'attendre jusqu'au soir.
B
Je te comprends et je sais que tu n'as pas tord.
Tu n'ignores pourtant pas ces interférences,
Dont la véritable raison t'échappe encore,
Qui ont perturbé non seulement nos vacances,
Contre l'accord du Ciel et nos propres efforts,
Et voudraient aussi nous faire taire, tu penses!
A
Je comprends déjà mieux. Qu'ils sachent à leur tour
Que nous ne plierons pas, même sous la menace.
Malgré eux, si j'arrive à t'attraper un jour,
Dans mon obsession que nul et que rien n'efface,
Je te supplicierai de tendresse et d'amour
Au point de t'obliger à me demander grâce.
Pauline Mary Tarn & L. - Sentimental Senti Mental - 2001