Hommage à Renée Vivien
Dans la pourpre et dans l'or d'un silence hautain, J'entends sonner ici l'heure de mon destin. Sa lamentation traverse la lumière, Elle sonne en pleurant, exacte et régulière. Avec la voix des sorts qui ne pardonnent pas, Elle annonce, elle dit et redit:...
Lire la suiteJe possède, en mes doigts subtils, le sens du monde, Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix. L'harmonie et le songe et la douleur profonde Frémissent longuement sur le bout de mes doigts. Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles, Je...
Lire la suiteMon éternel amour, te voici revenue. Voici, contre ma chair, ta chair brûlante et nue. Et je t'aime, et j'ai tout pardonné, tout compris; Tu m'as enfin rendu ce que tu m'avais pris. Je puis enfin dormir, dans l'ombre de ta couche, Puisque j'ai reconquis...
Lire la suiteParmi les thyms chauffés et leur bonne senteur Et le bourdonnement d'abeilles inquiètes, J'élève un autel d'or à la bonne Lenteur Amie et protectrice auguste des poètes. Elle enseigne l'oubli des heures et des jours Et donne, avec le doux mépris de ce...
Lire la suiteI Sur le Mode majeur Je sens croître l'ennui des livres vieux et sages. Donnez-moi, donnez-moi des mâts et des cordages! Je ris en jetant l'ancre! Au hasard du vent fou, Du flot capricieux, j'irai je ne sais où. Mon corps est moins pesant et mon âme s'allège,...
Lire la suiteVoici l'heure où le mort goûte aux festins funèbres, Et je t'ai préparé, comme hier, le repas. Grâce aux flammes, grâce aux lampes, on ne sent pas L'enveloppement fin et serré des ténèbres. Voici mes voiles verts, voici mon front paré Des joyaux et des...
Lire la suiteDans l'air la merveilleuse odeur de violettes, Nos doigts entrelacés et nos lèvres muettes. Les rosiers roux ont la couleur de tes cheveux Et nos coeurs sont pareils... Je veux ce que tu veux. Tout le jardin autour de nous, ma bien-aimée, Et la brise...
Lire la suiteVoici l'été... Les jours sont trop longs, mon amie, L'ombre tarde... On attend l'heure du grand repos, Des lys plus odorants, de la cloche endormie, De la grande fraîcheur des feuilles et des eaux. Je m'attriste de la clarté qui se prolonge. Mon coeur...
Lire la suiteJ'admirais autrefois les splendides vainqueurs Vers qui monte la flamme extatique des coeurs. Mais je n'aime aujourd'hui que les vaincus très calmes Dont le sang fier ternit la verdure des palmes. Moi qui compte à pas lents le chemin du retour, J'aimais...
Lire la suiteJ'étais pareille à la voyageuse recrue, Lasse enfin des courants et des vents et du sort Et qui n'aspire plus qu'au bon sommeil du port... Miraculeusement vous m'êtes apparue... Et vous ressembliez à tout ce qui m'est cher, Aux jardins de juillet dans...
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