Hommage à Renée Vivien
Le monde est un jardin de plaisir et de mort, Où l'ombre sous les bleus feuillages semble attendre, Où la rose s'effeuille avec un bruit de cendre, Où le parfum des lys est volontaire et fort. Parmi les lys nouveaux et les roses suprêmes, Nous mêlons...
Lire la suiteLe couchant est semblable à la mort d'un poète... Ah! pesanteur des ans et des songes vécus! Ici, je goûte en paix l'heure de la défaite, Car le soir pitoyable est l'ami des vaincus. Mes vers n'ont pas atteint à la calme excellence, Je l'ai compris, et...
Lire la suitePendant longtemps, je fus clouée au pilori, Et des femmes, voyant que je souffrais, ont ri. Puis, des hommes ont pris dans leurs mains une boue Qui vint éclabousser mes tempes et ma joue. Les pleurs montaient en moi, houleux comme des flots, Mais mon...
Lire la suiteNon! par les soirs futurs de roses et de flammes, Mystérieux ainsi que les temples hindous, Nul ne saura mon nom et nulle d'entre vous Ne redira mes vers, ô belles jeunes femmes! Nulle de vous n'aura le caprice charmant De regretter l'amour d'une impossible...
Lire la suiteVous pour qui j'écrivis, ô belles jeunes femmes! Vous que, seules, j'aimais, relirez-vous mes vers Par les futurs matins neigeant sur l'univers, Et par les soirs futurs de roses et de flammes? Songerez-vous, parmi le désordre charmant De vos cheveux épars,...
Lire la suiteVoici l'heure amoureuse où chante la Sirène... Les souvenirs sont des grappes que l'on égrène. Le silence est pareil à l'écho d'une voix, Et je me tourne, avec les regards d'autrefois, Vers celle qu'aujourd'hui mon baiser importune, Celle qui fut ma Loreley,...
Lire la suiteEn cette chambre où meurt un souvenir d'aveux, L'odeur de nos jasmins d'hier s'est égarée... Pour toi seule je me suis vêtue et parée, Et pour toi seule j'ai dénoué mes cheveux. J'ai choisi des joyaux... Ont-ils l'heur de te plaire? Dans mon coeur anxieux...
Lire la suiteLa nuit est façonnée avec un art subtil Ainsi qu'un merveilleux palais de Boabdil. La fontaine redit ses rythmes monotones Et les ifs argentés sont de blanches colonnes. Dans le jardin, roi morne et conquérant lassé, Se recueille et s'attarde et veille...
Lire la suiteViens, Déesse de Kupros, et verse délicatement dans les coupes d'or le nektar mêlé de joies. Psappha. Mon orgueil n'a connu que le blâme et l'affront, Et l'impossible gloire au loin rit et chatoie... Puisque le noir laurier ne ceindra point mon front,...
Lire la suiteTu viendras, les yeux pleins du soir et de l'hier... Et ce sera par un beau couchant sur la mer. Frêle comme un berceau posé sur les flots lisses, Notre barque sera pleine d'ambre et d'épices. Les vents s'inclineront, soumis à mon vouloir. Je te dirai:...
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