Hommage à Renée Vivien
O soir, toi qui ramènes... Les flots du Léthé... Renée Vivien
L'or est fils de Zeus; ni la mite ni le ver ne le peuvent détruire. L'or est fils de Zeus, cruel comme les Dieux. Il épanouit sa puissance fatale, Frère du soleil qui dévore les cieux De gloire brutale. Renée Vivien
La lune s'est couchée... Le rossignol râle... Renée Vivien
... Psappha... appelle l'Amour doux et amer et qui donne la douleur... (Elle) le nomme le tisseur de chimères. Erôs, de tes mains prodigues de douleurs Tu répands l'angoisse, et tes lèvres amères Ont le goût du sel et le parfum des fleurs, Tisseur de...
(Vers) moi tout récemment l'Aube aux sandales d'or... Mes yeux ont vu fuir l'Aube aux sandales d'or: Ses pieds ont brillé sur le mont taciturne Et sur la forêt où se recueille encor Le rêve nocturne. Renée Vivien
S'il fut permis à Psappha de Lesbôs de demander dans ses prières que la nuit fût doublée pour elle... Prolonge la nuit... Renée Vivien
D'un Voyage de Noces à Nice Septembre 2001
Dors sur le sein de ta tendre maîtresse. Dors entre les seins de l'amante soumise, O vierge au regard d'éphèbe valeureux, Et que l'Hespérôs nuptial te conduise Vers le rêve heureux! Renée Vivien
Atthis, ma pensée t'est haïssable et tu fuis vers Androméda. Tu hais ma pensée, Atthis, et mon image. Cet autre baiser, qui te persuada, Te brûle, et tu fuis, haletante et sauvage, Vers Androméda. Renée Vivien
Tu nous brûles. Mes lèvres ont soif de ton baiser amer, Et la sombre ardeur qu'en vain tu dissimules Déchire mon âme et ravage ma chair: Erôs, tu nous brûles... Renée Vivien
Et certes j'ai parlé en songe avec la fille de Kuprôs. Un clair souvenir se rythme et se prolonge Comme un son de lyre indécis et voilé... Fille de Kuprôs, je t'ai jadis parlé A travers un songe. Renée Vivien
... une vierge à la voix douce. J'écoute en rêvant... La fraîcheur de ta voix Coule, comme l'eau du verger sur la mousse, Et vient apaiser mes douleurs d'autrefois, Vierge à la voix douce. Renée Vivien
Je t'aimais, Atthis, autrefois... Le soir fait fleurir les voluptés fanées, Le reflet des yeux et l'écho de la voix... Je t'aimais, au long des lointaines années, Atthis, autrefois. Renée Vivien
Viens, Déesse de Kuprôs, et verse délicatement dans les coupes d'or le nektar mêlé de joies. Fille de Kuprôs, dont le regard foudroie, Délicatement de tes mains verse encor Le nektar mêlé d'amertume et de joie Dans les coupes d'or. Renée Vivien
La lumière... qui ne détruit point la vue... pareille à une fleur d'hyacinthe... Nuit de pourpre, ainsi qu'une fleur d'hyacinthe, Ta lumière éclôt dans le verger des cieux. Ton parfum est chaste, et ta douceur éteinte Console les yeux. Renée Vivien
Au-dessus (de la tombe) du pêcheur Pélagôn, son père Méniskos plaça la nasse et la rame, en souvenir d'une vie infortunée. Placez le filet... Renée Vivien
Je n'espère point toucher le ciel de mes deux bras étendus. Je n'espère point toucher de mes deux bras Etendus le ciel où s'amassent les voiles; La nuit pourpre vient et je n'espère pas Cueillir les étoiles. Renée Vivien
Les femmes de la Crète dansent en rythme... De leurs tendres pieds... Renée Vivien
L'aurore Vénérable... Vois se rapprocher l'Aurore Vénérable, Apportant l'effroi, la souffrance et l'effort, Et le souvenir dont la langueur accable, La vie et la mort. Renée Vivien
L'Erôs aujourd'hui a déchiré mon âme, vent qui dans la montagne s'abat sur les chênes. L'Erôs a ployé mon âme, comme un vent Des montagnes tord et brise les grands chênes... Et je vois périr, dans le flambeau mouvant, L'essor des phalènes. Renée Vivi...
L'Erôs qui délie mes membres aujourd'hui me dompte, être fatal, amer et doux. Aujourd'hui l'Erôs fatal, amer et doux, L'Erôs qui ressemble à la Mort, me tourmente, Maîtrise mes flancs et brise mes genoux Dans l'angoisse ardente. Renée Vivien