Hommage à Renée Vivien
Sur les marbres massifs plane la paix de l'air. La nature, qui hait la fièvre et le factice, Décore les tombeaux, passive protectrice, De rosée au printemps et de neige en hiver. Le souffle égal des Morts s'en va vers le ciel clair. Ils rêvent gravement:...
Ivre du vin des chants ainsi qu'une Bacchante, Elle a loué la terre et les Dieux tour à tour, La femme aux yeux d'amant, Korinna triomphante. Sa voix a déchaîné les angoisses d'amour: Les flammes du soleil ont brûlé dans ses veines. Elle a chanté les...
Pures Kharites aux bras de rose, venez, filles de Zeus. O filles de Zeus, Grâces aux bras de rose, Venez, apportant les parfums de jadis, Le frisson des voix, du rythme et de la pause, Et l'or du paktis. Vous dont la langueur divine se repose Dans l'éclair...
Pour tes... Hermès lutte un jour contre Arès. Grondant à la vérité fortement de colère... Et lui, s'étant montré, à la vérité détruisit la ville. ... est battu par des haches. Grondant en vérité d'une forte colère, L'Arès un jour lutta contre l'Hermès...
Ta forme est un éclair qui laisse les bras vides, Ton sourire est l'instant que l'on ne peut saisir... Tu fuis, lorsque l'appel de mes lèvres avides T'implore, ô mon Désir! Plus froide que l'Espoir, ta caresse cruelle Passe comme un parfum et meurt comme...
... devant chanter de belles récompenses pour les femmes de Tanagra aux blancs péplos: et ma ville s'est grandement réjouie de mes chants au babil harmonieux. Des roses ont neigé sur la plaine éblouie. Dans l'air résonne encore un triomphe subtil; Ma...
... et je blâme aussi la mélodieuse Myrtis de ce que, étant femme, elle entra en rivalité avec Pindare. Oh! les flots empourprés que frappent les rameurs, Et la Mort qui grimace à travers les murailles! Pourquoi, Myrtis, jeter les sanglantes clameurs...
Thespia, de belle race, hospitalière, aimée des Muses... Effeuillons les lauriers noirs comme tes prunelles, Thespia! moissonnons le myrte et le cerfeuil, Car, pour glorifier tes paupières très belles, Les Piérides tressaient leurs roses sur ton seuil....
Cette Artémis, ô vierge, fuyant Alphéos... Cette Artémis, fuyant le désir mâle, ô vierges, Tourna vers le lointain du sud ses yeux lassés. Et ses pieds fugitifs illuminaient les berges, Foulant avec dégoût les couples enlacés. Ses longs rayons aigus perçaient...
Le soir nuançait l'or d'Hellas De pourpre égyptienne: J'offris la coupe d'hypocras A la Musicienne... Elle errait en riant, auprès Des aloès et des cyprès Et des roches aux bleus de grès Myrtis l'Ionienne. Elle évoquait les bords du Styx, Les asphodèles...
Excellente Prométhée, il y a aussi des humains qui t'égalent en habilité: qui que ce soit qui véritablement ait dessiné cette vierge, si l'on eût ajouté aussi la voix, c'était Agatharchis tout entière. Celle qui grava ces paupières décloses Ainsi que...
Cependant elle n'est point perdue pour la mémoire des hommes, ni cachée sous l'aile ombreuse de la nuit noire. L'heure est ardente et solennelle, Et Psappha, se penchant Vers Eranna, pleure comme elle L'Adonis du couchant. Parmi l'éclair des bandelettes...
Doux fut ce labeur d'Erinna... Le couchant rougit, de son faste Cruel, ton bleu péplos, Qui, dans ses plis, a l'ampleur chaste Et simple du Paros, Et tes cheveux de Néréide, Dont Psappha chantait l'or fluide, Tremblent sous le vent qui les ride, Eranna...
L'ombre bleuit les monts sacrés D'où Phoibé, lente, émerge. Ses rayons coulent sur les prés Comme l'eau sur la berge. Pareil aux Pommes d'Or, le fruit Du clair verger frissonne et luit; Damophyla parle à la nuit: "Je serai toujours vierge. "Psappha me...
Et toi, ô Dika! ceins de guirlandes ta chevelure aimable, tresse tes tiges du fenouil de tes tendres mains, car les (vierges) aux belles fleurs sont de beaucoup les premières dans la faveur des Bienheureuses: Celles-ci se détournent des (jeunes filles)...
Moi, Hermès, j'étais debout près du jardin ouvert aux vents, au croisement de trois chemins, près de la mer blanchissante, offrant aux hommes fatigués une halte dans leur route: et une source pure leur verse une eau fraîche. Ici, dans le verger où se...
Et certes j'ai couché dans un songe avec la fille de Kuprôs. Je t'ai possédée, ô fille de Kuprôs! Pâle, je servis ta volupté cruelle... Je pris, aux lueurs du flambeau d'Hespérôs, Ton corps d'Immortelle. Et ma chair connut le soleil de ta chair... J'étreignis...
A. - Pourquoi, ô Pan agreste, assis près de la fontaine où vont les brebis, joues-tu de ce chalumeau harmonieux? B. - Afin que sur ces monts couverts de rosée les génisses paissent, broutant les épis à la belle chevelure. A Tu respires l'odeur de l'herbe...
... appelant l'âme chère de Philainis qui, avant le mariage, marcha vers l'onde verte du fleuve de l'Achéron. La vierge Philainis traversa les Eaux vertes De l'Achéron, sans voir les flambeaux de l'hymen, Et les lys sont tombés d'entre ses mains ouvertes....
C'est ici la poussière de Timas que l'azur sombre du lit nuptial de Perséphona reçut, morte avant l'hymen. Lorsqu'elle périt, toutes ses compagnes, d'un fer fraîchement aiguisé, coupèrent la force de leurs désirables chevelures. La vierge Timas au printemps...
Le couchant adoucit le sourire du ciel. La nuit vient gravement, ainsi qu'une prêtresse. La brise a déroulé, d'un geste de caresse, Tes cheveux aux blondeurs de maïs et de miel. Tes lèvres ont gardé le pli de la parole Dont mon rêve attentif s'est longtemps...
... la servante de l'Aphrodita, lumineuse comme l'or. Persuasion, Peithô, blonde suivante De l'Aphrodita, viens dans le pâle essor Des colombes, viens, lascive et suppliante, Claire comme l'or. Ta voix éloquente a l'accent d'une lyre Implorant en vain...
Mnasidika est plus belle que la tendre Gurinnô. Gurinnô qui pleure à l'ombre de mon seuil N'a point tes accents où l'Erôs passe et chante, O Mnasidika! ni le splendide orgueil De tes seins d'amante. Elle n'a point l'or fondu de ton regard, Ni la pourpre...
... une vierge très délicate cueillant des fleurs. Je te vis cueillir le fenouil et le thym Et la fleur du vent, la légère anémone, O vierge! et je vis ton sourire enfantin Où l'aube frissonne. Mon corps vigoureux comme un jeune arbrisseau Frôla longuement...
Pompilos, poisson qui envoies aux matelots une heureuse navigation, puisses-tu escorter du côté de la poupe ma tendre Maîtresse! Pour que le vent soit doux comme une caresse, O poisson de bon augure, Pompilos, Escorte la nef de ma tendre maîtresse, Orgueil...