Hommage à Renée Vivien
Elles ont des cheveux pâles comme la lune, Et leurs yeux sans amour s'ouvrent pâles et bleus, Leurs yeux que la couleur de l'aurore importune. Elles ont des regards pâles comme la lune, Qui semblent refléter les astres nébuleux. Leurs paupières d'argent,...
Lire la suiteElle vend aux passants ses larmes mercenaires, Comme d'autres l'encens et l'odeur des baisers. L'amour ne brûle plus dans ses yeux apaisés Et sa robe a le pli rigide des suaires. Son deuil impartial, à l'heure des sommeils, Gémit sur les anciens aux paupières...
Lire la suiteLa mer murmure une musique Aux gémissements continus; Le sable met, sous les pieds nus, Son tapis de velours magique. Et les algues, soeurs des coraux, Semblent, à demi découvertes, D'étranges chevelures vertes De sirènes au fond des eaux. Le vent rude...
Lire la suiteElle est lasse, après tant d'épuisantes luxures. Le parfum émané de ses membres meurtris Est plein du souvenir des lentes meurtrissures. La débauche a creusé ses yeux bleus assombris. Et la fièvre des nuits avidement rêvées Rend plus pâles encor ses pâles...
Lire la suiteTes cheveux aux blonds verts s'imprègnent d'émeraude Sous le ciel pareil aux feuillages clairs. L'odeur des pavots se répand et rôde Ainsi qu'un soupir mourant dans les airs. Les yeux attachés sur ton fin sourire, J'admire son art et sa cruauté, Mais...
Lire la suiteIl se fait tard... tu vas dormir, Les paupières déjà mi-closes. Au fond de l'ombre on sent frémir L'agonie ardente des roses. Car la Déesse du Sommeil, De ses mains lentes, fait éclore Des fleurs qui craignent le soleil Et qui meurent avant l'aurore....
Lire la suiteLes algues entr'ouvraient leurs âpres cassolettes D'où montait une odeur de phosphore et de sel, Et, jetant leurs reflets empourprés vers le ciel, Semblaient, au fond des eaux, un lit de violettes. La blancheur d'un essor palpitant de mouettes Mêlait...
Lire la suiteL'Automne s'exaspère ainsi qu'une Bacchante Ivre du sang des fruits et du sang des baisers Et dont on voit frémir les seins inapaisés... L'Automne s'assombrit ainsi qu'une Bacchante Au sortir des festins éclatants et qui chante La moite lassitude et l'oubli...
Lire la suiteO Sommeil, ô Mort tiède, ô musique muette! Ton visage s'incline éternellement las, Et le songe fleurit à l'ombre de tes pas, Ainsi qu'une nocturne et sombre violette. Les parfums affaiblis et les astres décrus Revivent dans tes mains aux pâles transparences,...
Lire la suiteOn voit errer au loin les yeux d'or des lionnes... L'Artemis, à qui plait l'orgueil des célibats, Qui sourit aux fronts purs sous les pures couronnes, Contemple cependant sans colère, là-bas, S'accomplir dans la nuit l'hymen des Amazones, Fier, et semblable...
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