Hommage à Renée Vivien
L'ombre vient, les paupières closes... O ma Maîtresse, j'ai mêlé Des iris noirs aux roses roses Dans le crépuscule troublé. Tes yeux ont des lueurs mystiques Comme la lune sur les flots... Que nous importent les musiques Où ne vibrent point les sanglots?...
Lire la suiteSur les marbres massifs plane la paix de l'air. La nature, qui hait la fièvre et le factice, Décore les tombeaux, passive protectrice, De rosée au printemps et de neige en hiver. Le souffle égal des Morts s'en va vers le ciel clair. Ils rêvent gravement:...
Lire la suiteVous craignez le désir, ô compagnons d'Ulysse! Aveugles et muets, l'âme close au péril De la voix qui ruisselle et du rire subtil, Vous rêvez des foyers qui recueillent l'exil Aux pieds lassés. Moi seul, ô compagnons d'Ulysse, Moi seul ai dédaigné la...
Lire la suiteLes pampres du printemps et le vin de l'automne Ont perdu le parfum qui jadis me fut cher: Je veux l'haleine chaste et le silence amer, Les brumes et la glace et l'ombre de l'hiver. Je ne tresserai plus l'irréelle anémone, Je n'écouterai plus le rythme...
Lire la suiteContemple les couleurs des ténèbres... Tes yeux Sauront, mieux que les miens, interpréter les cieux. J'ai vu le violet des nuits graves et douces, Le vert des nuits de paix, la flamme des nuits rousses. J'ai vu s'épanouir, rose comme une fleur, La lune...
Lire la suitePoème dramatique en un acte Une maison à Mytilène Atthis, seule, déroulant un papyrus. "Celle qui te fuit te suivra pas à pas, Tu verras venir la Beauté qui refuse Tes dons, apportant des présents délicats, Furtive et confuse. "Celle dont l'orgueil repousse...
Lire la suiteDans les miroirs j'ai vu des reflets de visages, Un vent mystérieux a gonflé les rideaux, Le soir frémit encor de tragiques passages, L'horreur de l'Invisible a pénétré mes os. La mémoire de l'ombre évoque une Etranglée Aux yeux d'effroi, qui porte, ainsi...
Lire la suiteDe leurs tendres pieds les femmes de la Crète Ont pressé la fleur de l'herbe du printemps... Je les vis livrer à la brise inquiète Leurs cheveux flottants. Leurs robes avaient l'ondoiement des marées. Elles ont mêlé leurs chants de clairs appels En rythmant...
Lire la suiteO vierges qui goûtez la fraîcheur des fontaines, Etres de solitude avides d'infini, Fuyez la Satyresse aux prunelles hautaines, Au regard que l'éclat du soleil a terni. Sa fauve chevelure est semblable aux crinières Et son pas est le pas nocturne des...
Lire la suiteDes roses sur la mer, des roses dans le soir, Et toi qui viens de loin, les mains lourdes de roses! J'aspire ta beauté. Le couchant fait pleuvoir Ses fines cendres d'or et ses poussières roses... Des roses sur la mer, des roses dans le soir. Un songe...
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