Hommage à Renée Vivien
La lampe des longs soirs projette un rayon d'ambre Sur les cadres dont elle estompe les vieux ors. L'heure de mon départ a sonné dans la chambre... La nuit est noire et je ne vois rien au dehors. Je ne reconnais plus le visage des choses Qui furent les...
Lire la suiteMa douce, nous étions comme deux exilées, Et nous portions en nous nos âmes désolées. L'air de l'aurore était plus lancinant qu'un mal... Nul ne savait parler le langage natal... Alors que nous errions parmi les étrangères, Les odeurs du matin ne semblaient...
Lire la suiteLes heures ont éteint le feu de mes vertèbres, Et leur morne lourdeur a pesé sur mon front... Voici que les lointains trop clairs s'attendriront Et la nuit m'ouvrira son jardin de ténèbres. Solitaire, tandis que le temps coule et fuit, Je cueillerai les...
Lire la suiteA mon réveil, ce fut le miracle du monde, Le ciel aux bleus de songe et les flots d'or vivant, La Méditerranée... Et j'allais en rêvant, Tant la paix de l'aurore était sage et profonde, Que pour nous seules l'univers était vivant, Et que nous étions l'âme...
Lire la suiteC'est l'heure où le désir implore et persuade... Le monde est amoureux comme une sérénade, Et l'air nocturne a des langueurs de sérénade. Les ouvriers du soir, tes magiques amis, Ont tissé d'or léger ta robe de samis Et semé d'iris bleus la trame du samis....
Lire la suiteJ'étais hier la voyageuse solitaire. J'allais, portant au coeur une âpre anxiété... J'avais besoin de toi comme d'un flot d'été, D'un flot purifiant où l'on se désaltère. Aujourd'hui, mon silence a des bonheurs pensifs. O très chère! et mon âme est une...
Lire la suiteLasse comme les flots, lasse comme les voiles, J'entre dans le doux port plein d'embruns et d'étoiles. Depuis des temps j'ai vu les plus divins climats Et je dors en ce havre où sommeillent des mâts. Mon esprit s'est tourné vers des rêves plus sages,...
Lire la suiteLe repentir songeur n'use plus leurs genoux. Parmi les champs malsains et les villes malades Elles dansent, ainsi que de noires Ménades. Parfois le vent du soir éteint leurs cierges roux. Elles ont coupé leurs chevelures altières; Le cilice a mordu leurs...
Lire la suiteTes sombres anneaux d'améthyste S'animent et tremblent un peu Sous la jaune lueur du feu... Au dehors la clarté persiste. Accueillons le songe, donneur D'enchantements et de féeries... Mêlons nos âmes attendries Et parlons de notre bonheur. Parlons du...
Lire la suiteLe ciel l'encadre ainsi que ferait une châsse, Et je vivrais cent ans sans jamais la revoir. Elle est soudaine: elle est le miracle du soir. L'instant religieux brille et tinte. Elle passe... Je suis venue avec la foule des lépreux Dès l'aurore, ayant...
Lire la suite