Hommage à Renée Vivien
Oui, je le crois, je suis calme, je suis heureuse. L'aube a dû rafraîchir mes tempes de fiévreuse. Viens, je te conterai mon passé, si tu veux. Et je te parlerai d'abord de ses cheveux. Ses cheveux la nimbaient, virginale auréole. Elle ne savait pas que...
Lire la suiteMa Douce, entrons dans le jardin abandonné, Dans le jardin sauvage, exquis et funéraire Où l'autrefois se plaît à rôder, solitaire Et farouche, tel un vieux roi découronné. Entrons dans le jardin qu'un vent d'automne accable, Où le silence est lent comme...
Lire la suiteLa marée, en dormant, prolonge un souffle égal, L'âme des conques flotte et bruit sur les rives... Tout m'est hostile, et ma jeunesse me fait mal. Je suis lasse d'aimer les formes fugitives. Debout, je prends mon coeur où l'amour fut hier Si puissant,...
Lire la suiteTu me comprends: je suis un être médiocre, Ni bon, ni très mauvais, paisible, un peu sournois. Je hais les lourds parfums et les éclats de voix, Et le gris m'est plus cher que l'écarlate ou l'ocre. J'aime le jour mourant qui s'éteint par degrés, Le feu,...
Lire la suiteL'ombre nous semble une ennemie en embuscade... Viens, je t'emporterai comme une enfant malade, Comme une enfant plaintive et craintive et malade. Entre mes bras nerveux j'étreins ton corps léger. Tu verras que je sais guérir et protéger, Et que mes bras...
Lire la suiteSans amie et sans livre, errant au bord des eaux Que le soleil ranime et la lune caresse, Venise, je serai comme une Dogaresse Eprise du sommeil de tes mornes canaux. Je croirai voir passer les superbes cohortes Qui ne sont plus, assise en mon chagrin...
Lire la suiteSi le Seigneur penchait son front sur mon trépas, Je lui dirais: "O Christ, je ne te connais pas. "Seigneur, ta stricte loi ne fut jamais la mienne, Et je vécus ainsi qu'une simple païenne. "Vois l'ingénuité de mon coeur pauvre et nu. Je ne te connais...
Lire la suiteLa lune se levait autrefois sur Lesbos Sur le verger nocturne où veillaient les amantes. L'amour rassasié montait des eaux dormantes Et sanglotait au coeur profond du sarbitos. Psappha ceignait son front d'augustes violettes Et célébrait l'Erôs qui s'abat...
Lire la suiteJ'ai puérilisé mon coeur dans l'innocence De notre amour, éveil de calice enchanté. Dans les jardins où se parfume le silence, Où le rire fêlé retrouve l'innocence, Ma Douce! je t'adore avec simplicité. Tes doigts se sont noués autour de mon coeur rude....
Lire la suiteQuand, d'un geste, le soir fait taire La flûte et la syrinx, Tu sais embrumer de mystère Tes prunelles de lynx. Tandis que la ténèbre englobe Les plis fugitifs de ta robe, L'énigme prompte se dérobe Sur tes lèvres de sphinx. L'ombre fait vaciller la flamme...
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