Hommage à Renée Vivien
Une odeur fraîche, un bruit de musique étouffée Sous les feuilles, et c'est Viviane la fée. Elle imite, cachée en un fouillis de fleurs, Le rire suraigu des oiseaux persifleurs. Souveraine fantasque, elle s'attarde et rôde Dans la forêt, comme en un palais...
Lire la suiteLe jardin et le calme et la lumière basse, Et tous mes souvenirs qui pleurent vers le soir... La douceur d'être seule et triste et de m'asseoir Dans l'ombre, de ne plus sourire et d'être lasse... Parmi les frondaisons rôdent d'anciens soupirs, Et le bonheur...
Lire la suiteJe t'aime de mon oeil unique, je te lorgne Ainsi qu'un chinois l'opium: Je t'aime de mon amour borgne, Fille aussi blanche qu'un arum. Je veux tes paupières de bistre, Et ta voix plus lente qu'un sistre; Je t'aime de mon oeil sinistre Où luit la colère...
Lire la suiteLe couchant répandra la neige des opales, Et l'air sera chargé d'odeurs orientales. Les caïques furtifs jetteront leur éclair De poissons argentins qui traversent la mer. Ce sera le hasard qu'on aime et qu'on redoute... A pas lents, mon destin marchera...
Lire la suiteJe t'adore, Dieu pauvre entre les Immortels, Et j'ai tressé pour toi ces roses purpurines, Parce que tu n'as point de temples ni d'autels, Et que nul tiède encens ne flatte tes narines. Nul ne te craint et nul n'implore ta bonté... Ceux qui t'honorent...
Lire la suiteViens, les heures d'amour sont furtives et rares... Le jardin matinal est plein d'oiseaux bizarres. Chère, je te convie à ce royal festin. Je ne veux pas jouir seule de ce matin. L'aube heurte le ciel comme une porte close. Viens boire la rosée au coeur...
Lire la suiteA Madame M... Le soir s'est refermé, telle une sombre porte, Sur mes ravissements, sur mes élans d'hier... Je t'évoque, ô splendide! ô fille de la mer! Et je viens te pleurer, comme on pleure une morte. L'air des bleus horizons ne gonfle plus tes seins,...
Lire la suiteDe la nuit chaotique un cri d'horreur s'exhale. Venez, nous errerons tous trois sous la rafale... Les gouffres lanceront vers nous leurs noirs appels. Nous passerons, ô mes compagnons éternels! L'éclair nous épouvante et la nuit nous désole... O vieux...
Lire la suiteVous n'avez point voulu m'écouter... Mais qu'importe? O vous dont le courroux vertueux s'échauffa Lorsque j'osai venir frapper à votre porte, Vous ne cueillerez point les roses de Psappha. Vous ne verrez jamais les jardins et les berges Où résonna l'accord...
Lire la suitePour lui prouver que je l'aime plus que moi-même, Je donnerai mes yeux à la femme que j'aime. Je lui dirai d'un ton humble, tendre et joyeux: "Ma très chère, voici l'offrande de mes yeux." Je donnerai mes yeux qui virent tant de choses, Tant de couchant...
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