Hommage à Renée Vivien
Ashtaroth, Belzébuth, Bélial et Moloch Fendent la nuit d'hiver, massive comme un roc, De leurs ailes et de leur souffle de fournaise, Et, sur les murs lépreux de Suburra, Moloch De son pouce sanglant trace le nombre: treize. Ashtaroth, Belzébuth, Bélial...
Lire la suiteTes yeux verts comme l'aube et bleus comme la brume Ne rencontreront pas mes yeux noirs de tourment, Puisque ma douleur t'aime harmonieusement, O lys vierge, ô blancheur de nuage et d'écume! Tu ne connaîtras point l'effroi qui me consume, Car je sais...
Lire la suiteLa nuit des vergers bleus d'acanthes, Des jardins pourpres d'aloès, Attend l'Evohé des Bacchantes Et les mystères de Cérès. Dans le temple aux flammes païennes, Le soir, accroupi comme un sphinx, Contemple les Musiciennes, Evocatrices de Syrinx. Une étrange...
Lire la suiteQuittons la léthargie heureuse des maisons, Le carmin des rosiers et le parfum des pommes Et les vergers où meurt l'ondoiement des saisons, Car nous ne sommes plus de la race des hommes. Nous irons sous les ifs où s'attarde la nuit, Où le souffle des...
Lire la suiteLe soir, ouvrant au vent ses ailes de phalène, Evoque un souvenir fragilement rosé, Le souvenir, touchant comme un Saxe brisé, De ta naïveté fraîche de porcelaine. Notre chambre d'hier, où meurt la marjolaine, N'aura plus ton regard plein de ciel ardoisé,...
Lire la suiteLe soir, doux berger, développe Son rustique solo... Je mâche un brin d'héliotrope Comme Fra Diavolo. La nuit latente fume, et cuve Des cendres, tel un noir Vésuve, Voilant d'une vapeur d'étuve La lune au blanc halo. Je suis la fervente disciple De la...
Lire la suiteL'orgueil endolori s'obstine A travestir ton coeur lassé, Ténébreux comme la morphine Et le mystère du passé. Tu récites les beaux mensonges Comme on récite les beaux vers. L'ombre répand de mauvais songes Sur tes yeux d'archange pervers. Tes joyaux sont...
Lire la suiteLes évocations de ma froide folie Raniment les reflets sur le marais stagnant Où flotte ton regard, ô perverse Ophélie. C'est là que mes désirs te retrouvent, ceignant D'iris bleus ton silence et ta mélancolie, C'est là que les échos raillent en s'éloignant....
Lire la suiteJe n'ai point contemplé le mirage des formes, Je n'ai point désiré l'oasis des couleurs, J'ai su me détourner de la saveur des cormes Et des mûres de pourpre et des figues en fleurs. Mes doigts n'ont point pétri le moelleux des étoffes. J'ai fui, comme...
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Sopra condido vel cinta d'oliva Donna m'apparve, sotto verde manto, Vestita di color di fiamma viva. Dante, Purgatorio, canto trentesimo. Lève nonchalamment tes paupières d'onyx, Verte apparition qui fus ma Béatrix. Vois les pontificats étendre, sur l'opprobre...
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