Hommage à Renée Vivien
Tout s'élargit. Le soir qui tombe est magnifique Et vaste. Comme un Doge amoureux de la mer, Parmi l'effeuillement des roses, la musique Des luths, l'or qui flamboie ainsi qu'un rouge éclair, Moi, j'irai, dominant le cortège mystique, Et, somptueusement,...
Lire la suiteDéesse de la Mort, pâle Perséphoné, Dont l'Hadès recueillit les langueurs léthéennes, Déesse dont le front semble un printemps fané, Dont la voix est l'écho des voix élyséennes, Déesse de la Mort, pâle Perséphoné, Ouvre d'un geste lent ta chambre nuptiale,...
Lire la suiteIl est un ciel limpide où s'éteint le zéphyr, Où la clarté se meurt sur les champs d'asphodèles, Et là-bas, dans le vol de leur dernier soupir, Vient l'âme sans espoir des Amantes fidèles. Là-bas, la rose même a d'étranges pâleurs, Les oiseaux n'ont qu'un...
Lire la suitePlacez le filet et la rame et les voiles, Pêcheurs, au-dessus de ce tombeau marin Où dort Pélagôn, fils errant des étoiles Et fils du Destin. Ce Mort a connu les hasards de l'orage, Le tourment des flots, les monstres de la mer, La faim qui déchire et...
Lire la suiteJ'aspire auprès de toi le silence et le charme Des nuits où la douleur se plaît à demeurer, Toi qu'on ne voit jamais essuyer une larme, Mais dont parfois j'entends la grande âme pleurer. Le miroir réfléchit tes chastes attitudes, Et tu fuis le factice...
Lire la suiteJ'ai bu le vin brûlant de tes lèvres, Atthis... Ah! L'enveloppement tenace des étreintes, Et la complicité des lumières éteintes, Les rougeurs de la robe et les langueurs du lys! Dans ta robe ondoyante, imprécise et fluide, Tu me parais une algue, et...
Lire la suiteJe dormais dans le flanc massif de la montagne... Ses tiédeurs m'enivraient. Auprès de mon sommeil Sourdait l'ardent effort des fleurs vers le soleil. Rien ne troublait la paix large de la montagne. Je dormais. Je semblais un astre dans la nuit, Et l'ondoyant...
Lire la suiteEloignez de mes yeux les flamboiements barbares Du Rouge, cri de sang que jettent les fanfares. Eteignez la splendeur du Jaune, cri de l'or, Où le soleil persiste et ressurgit encor. Ecartez le sourire invincible du Rose, Qui jaillit de la fleur ingénument...
Lire la suiteVoici l'heure de brume où flottent les noyées, Comme des nénuphars aux pétales flétris. Leurs robes ont l'ampleur des voiles déployées Qui ne connaîtront plus la douceur des abris. D'étranges fleurs de mer étrangement parées, Elles ont de longs bras de...
Lire la suiteSes lèvres ont ravagé les grappes meurtries Et bu le baiser rouge et cruel du Désir. Elle ne connaît point les blanches rêveries, Ni l'amour que les bras ne sauraient point saisir. Ses regards ont fané la volupté des lignes, Les roses de la chair, le...
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