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La Muse aux violettes...

Hommage à Renée Vivien

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Sonnet féminin

Ta voix a la langueur des lyres lesbiennes, L'anxiété des chants et des odes saphiques, Et tu sais le secret d'accablantes musiques Où pleure le soupir d'unions anciennes. Les Aèdes fervents et les Musiciennes T'enseignèrent l'ampleur des strophes érotiques...

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"I've been a ranger"

"I've been a ranger" J. Keats Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits, O joie inespérée au fond des solitudes! Ton baiser est pareil à la saveur des fruits Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes Murmurés par la mer à la beauté des nuits....

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Les Arbres

Dans l'azur de l'avril, dans le gris de l'automne, Les arbres ont un charme inquiet et mouvant. Le peuplier se ploie et se tord sous le vent, Pareil aux corps de femme où le désir frissonne. Sa grâce a des langueurs de chair qui s'abandonne, Son feuillage...

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Devant la mort d'une amie véritablement aimée

Ils me disent, tandis que je sanglote encore: "Dans l'ombre du sépulcre où sa grâce pâlit, Elle goûte la paix passagère du lit, Les ténèbres au front, et dans les yeux l'aurore. "Mais elle a la splendeur de l'Esprit délivré, Rêve, haleine, harmonie, éclat,...

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Lassitude

Je dormirai ce soir d'un large et doux sommeil. Fermez les lourds rideaux, tenez les portes closes, Surtout ne laissez pas pénétrer le soleil. Mettez autour de moi le soir trempé de roses. Posez, sur la blancheur d'un oreiller profond, Ces mortuaires...

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Lucidité

Tendre à qui te lapide et mortelle à qui t'aime, Tu fais de l'attitude un règne de poème, O femme dont la grâce enfantine et suprême Triomphe dans la fange et les pleurs et le sang! Tu n'aimes que la main qui meurtrit ta faiblesse, La parole qui trompe...

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Locusta

Nul n'a mêlé ses pleurs au souffle de ma bouche, Nul sanglot n'a troublé l'ivresse de ma couche, J'épargne à mes amants les rancoeurs de l'amour. J'écarte de leur front la brûlure du jour, J'éloigne le matin de leurs paupières closes, Ils ne contemplent...

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Sur le Rythme saphique

La lune s'est couchée, ainsi que les Pléiades; il est minuit, l'heure passe, et je dors solitaire. Psappha. L'ombre se drapait en des voiles de veuves, La mer aspirait le sang tiède des fleuves, L'Aphrodita blonde au regard décevant Riait en rêvant. J'entendis...

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Ton Ame

Pour une amie solitaire et triste. Ton âme, c'est la chose exquise et parfumée Qui s'ouvre avec lenteur, en silence, en tremblant, Et qui, pleine d'amour, s'étonne d'être aimée. Ton âme, c'est le lys, le lys divin et blanc. Comme un souffle des bois remplis...

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Le Sang des Fleurs

Ainsi que, sur les montagnes, les pâtres foulent aux pieds l'hyacinthe, et la fleur s'empourpre sur la terre. Psappha. Le soir s'attriste encor de ses clartés éteintes. Des rêves ont troublé l'air pâle et languissant, Et, chantant leurs amours, les pâtres,...

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