Hommage à Renée Vivien
O Sommeil, ô Mort tiède, ô musique muette! Ton visage s'incline éternellement las, Et le songe fleurit à l'ombre de tes pas, Ainsi qu'une nocturne et sombre violette. Les parfums affaiblis et les astres décrus Revivent dans tes mains aux pâles transparences,...
Lire la suiteOn voit errer au loin les yeux d'or des lionnes... L'Artemis, à qui plait l'orgueil des célibats, Qui sourit aux fronts purs sous les pures couronnes, Contemple cependant sans colère, là-bas, S'accomplir dans la nuit l'hymen des Amazones, Fier, et semblable...
Lire la suiteVoici la nuit: je vais ensevelir mes morts, Mes songes, mes désirs, mes douleurs, mes remords, Tout le passé... Je vais ensevelir mes morts. J'ensevelis, parmi les sombres violettes, Tes yeux, tes mains, ton front et tes lèvres muettes, O toi qui dors...
Lire la suiteLes yeux tournés sans fin vers les splendeurs éteintes, Nous évoquons l'effroi, l'angoisse et le tourment De te baisers, plus doux que le miel d'hyacinthes, Amante qui versas impérieusement, Comme on verse le nard et le baume et la myrrhe, Devant l'Aphrodita,...
Lire la suiteJ'adore la langueur de ta lèvre charnelle Où persiste le pli des baisers d'autrefois. Ta démarche ensorcelle, Et la perversité calme de ta prunelle A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids. Tes cheveux, répandus ainsi qu'une fumée, Clairement...
Lire la suiteL'Amazone sourit au dessus des ruines, Tandis que le soleil, las de luttes, s'endort. La volupté du meurtre a gonflé ses narines: Elle exulte, amoureuse étrange de la mort. Elle aime les amants qui lui donnent l'ivresse De leur fauve agonie et de leur...
Lire la suiteI L'ombre assourdit le flux et le reflux des choses. Parmi l'accablement des parfums et des fleurs, Tes lèvres ont pleuré leurs rythmiques douleurs Dans un refrain mêlé de sanglots et de pauses. Et la langueur des lits, la paix des portes closes, Entourent...
Lire la suiteTon sommeil m'épouvante, il est froid et profond Ainsi que le Sommeil aux langueurs éternelles. J'ai peur de tes yeux clos, du calme de ton front. Je guette - et le silence inquiet me confond - Un mouvement des cils sur la nuit des prunelles. Je ne sais,...
Lire la suiteL'éclat de la fanfare et l'orgueil des cymbales, Réveillant les échos, se prolongent là-bas, Et, sous l'herbe sans fleurs des fosses martiales, Les guerriers assoupis rêvent d'anciens combats. Ils ne s'enivrent point des moiteurs de la terre Tiède de...
Lire la suiteEcoutez... Celles-là sont les Musiciennes. Leur présence est pareille à l'écho d'une voix, Et leur souffle est dans l'air plein de légers émois, Plein de très lents accords aux langueurs lesbiennes. Et les voici passer, formes aériennes, Se mêlant au...
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