Hommage à Renée Vivien
L'odeur des vignes monte en un souffle d'ivresse: La pesante douceur des vendanges oppresse La paix, la longue paix des automnes sereins. Voici le champ, meurtri par les longues cultures, L'enclos tiède, où le fruit livre ses grappes mûres, Comme une...
Lire la suiteL'art délicat du vice occupe tes loisirs, Et tu sais réveiller la chaleur des désirs Auxquels ton corps perfide et souple se dérobe. L'odeur du lit se mêle aux parfums de ta robe. Ton charme blond ressemble à la fadeur du miel. Tu n'aimes que le faux...
Lire la suiteComment oublier le pli lourd De tes belles hanches sereines, L'ivoire de ta chair où court Un frémissement bleu de veines? N'as-tu pas senti qu'un moment, Ivre de ses angoisses vaines, Mon âme allait éperdument Vers tes chères lèvres lointaines? Et comment...
Lire la suiteComme les courtisans près d'un nouveau destin, Nous attendions l'éveil propice de l'aurore. Les songes attardés se poursuivaient encore, Et tes yeux étaient bleus, - bleus comme le matin. Tandis que je songeais à la douceur passée, Tes cheveux répandaient...
Lire la suiteL'ombre jetait vers toi des effluves d'angoisse: Le silence devint amoureux et troublant. J'entendis un soupir de pétales qu'on froisse, Puis, lys entre les lys, m'apparut ton corps blanc. J'eus soudain le mépris de ma lèvre grossière... Mon âme fit ce...
Lire la suiteJ'attends, ô Bien-Aimée! ô vierge dont le front Illumine le soir de pompe et d'allégresse, Ton hymen aux blancheurs d'éternelle tendresse, Car ton baiser d'amour est subtil et profond. Notre lit sera plein de fleurs qui frémiront, Et l'orgue clamera la...
Lire la suiteDalila, courtisane au front mystérieux, Aux mains de sortilège et de ruse, aux longs yeux Où luttaient le soleil, l'orage et la nuée, Rêvait: "Je suis l'esclave et la prostituée, La fleur que l'on effeuille au festin du désir, La musique d'une heure et...
Lire la suiteDe ta robe à longs plis flottants Ruissellent toutes les chimères, Et tu m'apportes le printemps Dans tes mains blondes et légères. J'ai peur de ce frisson nacré De tes frêles seins, je ne touche Qu'en tremblant à ton corps sacré, J'ai peur du charme...
Lire la suiteDans tes yeux les clartés trop brutales s'émoussent. Ton front lisse, pareil à l'éclatant vélin Que l'écarlate et l'or de l'image éclaboussent, Brûle de reflets roux ton regard opalin. Ton visage a pour moi le charme des fleurs mortes, Et le souffle appauvri...
Lire la suiteDonne-moi tes baisers amers comme des larmes, Le soir, quand les oiseaux s'attardent dans leurs vols. Nos longs accouplements sans amour ont les charmes Des rapines, l'attrait farouche des viols. Tes yeux ont reflété la splendeur de l'orage... Exhale...
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