Hommage à Renée Vivien
Psappha, vivre avec toi est ce que je veux même Car tu es bien la seule femme que j'aime. La seule qui ait su vraiment me rendre heureuse Et me faire oublier les heures douloureuses. Vois! je suis revenue et veux te rendre hommage, Toi, qui m'a secondée...
De tout ce que j'ai vu de mes deux yeux ravis Que demeurera-t-il sur les photographies? Là, dans notre jardin simplement merveilleux, Qui détient le souvenir de nos jours heureux, Vêtue de ta splendide robe de dentelles, Protégée du soleil de dessous...
Lorsque tu vins, à pas réfléchis, dans la brume, Le ciel mêlait aux ors le cristal et l'airain. Ton corps se devinait, ondoiement incertain, Plus souple que la vague et plus frais que l'écume. Le soir d'été semblait un rêve oriental De rose et de santal....
Dans nos jardins d'automne aux feuilles bigarrées, Alors que tu venais t'asseoir à mes genoux, Sous les divins plis de nos robes, entre nous, Je crains bien que nos mains ne se soient égarées. La douceur de ta peau m'a fait perdre la tête... Eprises d'un...
"Quelqu'un se souviendra de nous dans l'avenir". A travers les siècles, nous l'avons soutenu, Car nous savions déjà qu'une belle inconnue Dans le futur, vivrait dans notre souvenir. Amoureuse vraiment autant que nous des femmes, Elle retrouvera, au fin...
Reprends-moi aux creux de tes bras, Tiens-moi serrer contre ton corps, Et qu'en d'harmonieux accords Se mélangent nos deux auras. Je suis heureuse auprès de toi, Quand dans tes yeux remplis d'Amour, Sous tes caresses de velours, Je devine ton grand émoi....
Je suis Psappha, l'indisciplinée, la rebelle, J'ai refusé certaines des terrestres lois Et je viens aujourd'hui vous expliquer pourquoi, Moi, qui couche toujours avec une Immortelle. Les seules et vraies lois sont celles de l'Astral. De vos lois, de vos...
L'ombre jetait vers toi des effluves d'angoisse: Le silence devint amoureux et troublant. J'entendis un soupir de pétales qu'on froisse, Puis, lys entre les lys, m'apparut ton corps blanc. J'eus soudain le mépris de ma lèvre grossière... Mon âme fit se...
Quand fauchée à la fleur de l'âge, - Nous ne sommes que de passage - Tu remontas dans les nuages En me laissant dans mon veuvage, Eranna, ma Femme-enfant sage, En me causant bien du dommage, Si j'ai bien compris le message Qui n'est rien là qu'un témoignage,...
La lune se levait autrefois à Lesbos Sur le verger nocturne où veillaient les amantes. L'amour rassasié montait des eaux dormantes Et sanglotait au cœur profond du sarbitos. Psappha ceignait son front d'augustes violettes Et célébrait l'Erôs qui s'abat...
Viens, les heures d'amour sont furtives et rares... Le jardin matinal est plein d'oiseaux bizarres. Chère, je te convie à ce royal festin. Je ne veux pas jouir seule de ce matin. L'aube heurte le ciel comme une porte close. Viens boire la rosée au cœur...
Viens, ô toi qui jadis m'avait offert son cœur Tout comme si c'était une rose, une fleur Dans laquelle j'aurais pu me désaltérer, Tremper mes lèvres dans une fraîche rosée. Viens, ma très chère, car j'ai là pour toi ce lys Qui pourrait à son tour te servir...
L : J'attends impatiemment l'heure de ton retour. Reviendras-tu ce soir me dire que tu m'aimes, Dans tes bras me bercer, ou m'écrire un poème O ma Pauline, O ma Déesse, O mon Amour? Pauline : Sans attendre le soir, je veux en cet instant, Te dire tendrement...
Entre dans mon royaume, envahis mon empire. La grande salle a des colonnes de porphyre... Nous y célébrerons les lumineux festins Et nous réjouirons avec les morts hautains Et les mortes charmantes. Les princesses et les reines et les amantes, Paradant...
"Parle-moi, parle-moi, et je te répondrai." C'est avec ses mots que tout a recommencé. Je veux vivre avec elle et bien plus que jamais Toutes ces choses qui vous semblent insensées. Depuis, au fil des jours, nous nous couvrons de fleurs... Nous pouvons...
Par un beau couchant, nous avons quitté la grève Pour voguer toutes deux vers notre île de rêves. Accompagnant un moment notre frêle esquif, Les mouettes alentour poussaient leurs cris plaintifs. Le ciel s'illuminait d'étoiles par milliers Et la brise...
Le jour est arrivé, je t'attendrai ce soir... Viendras-tu me chercher comme tu l'as promis? Te reverrai- je enfin? Tu connais mon envie, Tu le sais bien que jusqu'au bout je vais y croire, Que j'y ai mis tout mon espoir. Je suis prête à croire au miracle...
Tu viendras, les yeux pleins du soir et de l'hier... Et ce sera par un beau couchant sur la mer. Frêle comme un berceau posé sur les flots lisses, Notre barque sera pleine d'ambre et d'épices. Les vents s'inclineront, soumis à mon vouloir. Je te dirai:...
J'étais pareille à la voyageuse recrue, Lasse enfin des courants et des vents et du sort Et qui n'aspire plus qu'au bon sommeil du port... Miraculeusement vous m'êtes apparue... Et vous ressembliez à tout ce qui m'est cher, Aux jardins de juillet dans...
Ton âme, pour mon âme, est comme la rosée Qui se déposerait dès l'aube sur les fleurs. Ton âme est pour mon âme un beau soleil d'été Qui m'envelopperait de sa douce chaleur. Ton âme est une rose de délicatesse, De celles parfumées qui ne fanent jamais....
Ainsi, l'on se ressent l'une à l'autre pareille, Et tout ce qui t'émeut tout autant m'émerveille. Je t'aime et je t'adore autant que toi, mon Ange. Dans l'espace infinie, nos auras se mélangent, Entre nos âmes c'est la totale fusion Nous ressentons en...
Ainsi, l'on se contemple avec des yeux sacrés Devant l'autel des mers et sur l'autel des près... Toi dont la chevelure en plis d'or illumine, Tu m'as fait partager ton essence divine... Et tu m'as emportée au fond même du ciel, O toi que l'on adore, ô...
A l'heure des mains jointes, je suis revenue Pour te chercher, te ramener auprès de moi, Et bien que tu m'ais depuis longtemps reconnue, Tu me regardais de tes grands yeux ingénus, De tes deux grands yeux bruns que j'adore, ma foi. Puis tu les as fermés...
I Sur le Mode majeur Je sens croître l'ennui des livres vieux et sages. Donnez-moi, donnez-moi des mâts et des cordages! Je ris en jetant l'ancre! Au hasard du vent fou, Du flot capricieux, j'irai je ne sais où. Mon corps est moins pesant et mon âme s'allège,...
Ma Douce, nous étions comme deux exilées, Et nous portions en nous nos âmes désolées. L'air de l'aurore était plus lancinant qu'un mal... Nul ne savait parler le langage natal... Alors que nous errions parmi les étrangères, Les odeurs du matin ne semblaient...